
Un billet spécialement pour un film ? C’est qu’a priori, il doit être pas mal. Dernier film de Clint Eastwood en date, Mémoires de nos pères se base sur des faits historiques réels et relate non pas une mais deux guerres : celle sur le terrain et celle au pays, psychologique cette fois-ci. Cap sur sur les plages calmes d’Iwo Jima, ilôt japonais ô combien sanglant.
Synopsis

Iwo Jima, cette île de 4 kilomètres sur 8 a marqué une des batailles les plus sanglantes de la guerre du Pacifique. Sur cette île s’affrontent les 22000 soldats japonais contre au moins autant de soldats américains et ce, pendant près de 30 jours.
La photo Raising the Flag on Iwo Jima fut prise le quatrième jour des combats, après que le mont Suribachi n’ait été capturé. Cette photo est devenue très célèbre, peut-être une des plus célèbres de l’Histoire de la Seconde Guerre notamment pour la polémique dont il a été à l’origine.
En effet, le message diffusé par le biais de la photographie aux Etats-Unis était plutôt “On a quasiment gagné, soutenez l’effort de guerre” alors que sans le savoir, il restait encore plus de 25 jours de combats …
Mon avis
Ces dernières années, même si j’essaie d’être le plus objectif possible, il faut bien admettre que le cinéma de Clint Eastwood est plein de surprises. Malgré des films et des rôles minables, ses films m’ont très souvent marqués.
Mémoires de nos pères m’a littéralement laissé sans voix au moment du générique final. Sa réalisation a de quoi clouer même si au départ, j’en venais à douter du bien fondé du film. Les scènes sont présentées pelle-mêle, à des époques différentes. Les héros d’hier, ce qu’ils sont devenus aujourd’hui et ce qu’ils ont caché à leurs enfants. Voilà de quoi poser de bonnes bases, celles d’un film qui tient aux tripes grâce au combat mené par tous ces hommes sur une même île, ceux dévolus à l’attaquer, ceux dévolus à la protéger … et ceux qui veulent utiliser une (fausse) image de victoire pour manipuler l’opinion publique.

Le film commence dès le départ avec une reconstitution de l’installation du drapeau d’Iwo Jima … dans un stade de football. Les soldats sont présentés en héros, la foule applaudit … mais les “héros” ne veulent pas en être, ils ont en tête toutes ces scènes sanglantes et horribles vécues sur cette île aux mains des japonais tapis dans un réseau de tunnels souterrains hors du commun. Ils savent qu’ils sont là dans l’intérêt du pays tout en sachant que pendant ce temps, d’autres meurrent et attendent l’argent soulevé par le 7ème emprunt national destiné à l’effort de guerre.
Ce que ne sait pas (encore) la foule en délire, c’est que ces hommes n’étaient pas sur la photo qui a traversé tout le pays à la vitesse de la lumière. Elle ne sait pas qu’il n’y a pas eu un mais deux drapeaux plantés au sommet du mont Suribachi. Elle ne sait pas non plus que les héros ne sont pas ceux qui ont posé le drapeau mais ceux qui sont morts au combat, morts pour que ces 6 personnes puissent être photographiées (à leur insu).
Ces héros n’auront finalement pas le choix : après avoir combattu non pas pour être des héros mais bel et bien survivre, ils parcoururent le pays pour inciter les citoyens à soutenir l’effort de guerre. Effort qui se fit non sans mal en pensant aux véritables soldats ayant posé le drapeau.
Au final, Mémoires de nos pères est une reconstitution marquante, terriblement fidèle (jusque dans le dialogue et la mise en scène) et montrant à quel point la manipulation est facile et omniprésente en temps de guerre.
Présent derrière la caméra mais aussi à la réalisation sonore, Eastwood est irréprochable … à tel point qu’on aura droit à une “suite” tournée du côté du camp japonais.
Je vous recommande chaudement ce film, une valeur sure !

En savoir plus
- Raising the Flag on Iwo Jima
- Mémoires de nos pères sur Allociné











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