Résumé cinéma : janvier 2007

Memories of Murder

Décembre fût désert et janvier vraiment calme. Je n’ai pour ainsi dire visionné que 2 films et revu 1 autre. Entre une programmation qui m’intéressait peu et les journées chargées, difficile d’aller dormir dans les salles obscures. Toutefois, 3 films mais 3 excellents films :

  • James Bond : Casino Royale
  • Memories of Murder
  • The Hours

Casino Royale

Casino Royale

Décidément, plus le temps passe et plus l’on devient nostalgique. Même le cinéma s’y colle avec d’énièmes retours au sources, souvent représentatifs d’une panne d’imagination ou d’embourbement scénaristiques. Casino Royale est effectivement un retour aux sources : James vient fraîchement d’être promu agent “double zéro”, change de peau, relègue ses gadgets au placard au risque de perturber les fans.

Pour faire court, j’ai rarement été aussi enthousiaste devant un James Bond depuis bien longtemps ! A vrai dire, depuis GoldenEye. C’était sans savoir que ces 2 titres avaient en commun leur réalisateur, Martin Campbell.
James fait vraiment plus jeune, que ce soit dans la forme ou dans le fond. L’action est fortement présente mais sait également se faire discrète, notamment pendant la partie de Poker. Cette dernière est assez longue mais est suffisamment bien rythmée pour ne pas lasser ni ennuyer. Du bonheur en barre avec enfin une présence décemment féminine (Eva Green je t’aime) et loin des sempiternelles filles faciles tombant au premier regard.

Bref, j’ai vraiment adoré et les déçus de James Bond peuvent le visionner sans hésiter. Les vieux de la vieille, faudra pas rechigner au changement. Place à la jeunesse.

Memories of Murder

Memories of Murder (affiche)

Memories of Murder se déroule en Corée du Sud en 1986. Plongé dans les rizières locales, le premier cadavre s’exhibe et esquisse les débuts d’une enquête qui durera 2h30 de plus (dans votre réalité, pas celle du film). Face à l’embourbement de la police locale, un détective est spécialement dépêché de Séoul afin d’y remédier. Ils auront pourtant bien du mal à chasser les fantômes et les bonnes vieilles méthodes aux airs communistes …

Que dire de ce film. Je l’ai découvert totalement par hasard en lisant une note sur The Host. Quelques semaines plus tard, il se trouve que je le croise en rayons et me souvenant de l’avis extrêmement positif qui s’en dégageait, je me retrouvais donc à le passer en caisse. Grand bien m’en pris puisque Memories of Murder est un film (d)étonnant.

Les blasés des films policiers peuvent aller se rhabiller : difficile de prévoir la suite des évènements et encore moins la fin. Fortement axé sur la psychologie des personnages, le réalisateur coréen qui grimpe, Joon-ho Bong, parvient à la fois à dépeindre la situation sud-coréenne tout en mêlant humour, drame et enquête policière sur fond de bavures.
Bien loin des clichés d’inspecteurs durs à cuire, impressionnants et résolvant les enquêtes en lisant dans leur verre de Coca, les inspecteurs de Memories of Murder sont soit des loosers ancrés dans des méthodes archaïques (on désigne le coupable et on le cuisine jusqu’à il avoue ses crimes - qu’il n’a bien évidemment pas commis) ou se font totalement absorber par leur métier jusqu’à plonger dans la folie du profiler.

Au début du film, j’étais curieux de savoir comment cela allait se dérouler car il est loin de se dérouler de manière conventionnelle. On peut même se demander où le réalisateur tient à aller. Ce n’est qu’à la fin que l’on peut imaginer l’intérêt de cette misère humaine. En parlant de fin, celle-ci laisse bien sur la notre, de faim. Faim de savoir puisque pour une fois, celui qui détient le mot, de la fin, c’est bel et bien le cerveau du spectateur. Chose qui ne se voit vraiment pas couramment et présentée de manière aussi magistrale.

The Hours

The Hours

The Hours ou comment partir d’un livre écrit par une passionnée noyée dans sa folie (c’est le cas de le dire) en l’adaptant librement au cinéma pour en (re)faire un chef-d’oeuvre.
Les histoires de destins entrecroisés se font de plus en plus courantes mais pourtant The Hours balaie tout ça du revers de la main. Passé, présent et futur sont représentés par 3 femmes a priori sans rapport si ce n’est un livre : Mrs. Dalloway. Un livre qui leur fera prendre conscience de la futilité de leur vie, de leur asservissement à ce qu’elles imaginaient être un idéal. Certaines choisiront de mourir pour vivre, d’autres pas mais leur choix sera quoiqu’il arrive émouvant.

Une émotion qu’il aurait été impossible de palper ou de ressentir si le jeu des actrices n’étaient pas aussi finement interprété (quoique la tête de Meryl Streep ne me revient toujours pas). Julianne Moore explose tout et change du tout au tout par rapport à une daube comme Evolution. Nicole Kidman (une de mes actrices préférées, décidément) est méconnaissable avec son faux-nez (dont la retouche numérique lui a soufflé un Oscar; l’oeuvre s’est bien rattrapée ailleurs), son regard perdu entre son livre, son entourage et des tentatives désespérées d’échapper à son imagination débordante.

Doublé d’une bande-son particulièrement adaptée, The Hours mérite bien qu’on lui accorde ses quelques minutes ; quelques minutes pour partager leur vie, leur temps, leurs pensées.

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Résumé cinéma : janvier 2007” a été publié le Vendredi 2 février 2007 à 13:00.
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2 commentaires : publier le mien ?

  1. Mafio a dit le Dimanche 4 février 2007 :

    Ca change pas que j’ai détesté Casino Royale, vulgaire, bourrin, long, avec un James bond qui ressemble à Hulk, aucune finesse anglaise… bref ils ont tué la série, déjà pas mal assassiné avec Pierce, sans oublié la montagne de placement publicitaire de ce dernier épisode.

    Grrr

    Ceci dit, j’ai beaucoup apprécié Memories of Murder.

  2. Oncle Tom a dit le Dimanche 4 février 2007 :

    Il a peut-être moins de charisme que Brosnan ou Connery et c’est clair qu’il est nettement plus bourrin … mais surtout maladroit. J’apprécie qu’un “héros” connaisse des échecs. Les précédents Bond c’était “tuer des ennemis avec 3 batonnets de bois” et “décapsuler les premières femmes qui passent”.
    C’est une question de goût probablement mais je ne trouve pas que ça en fasse un moins bon Bond.

    En revanche côté pub, y’avait presque rfien ! C’était flagrant en comparaison aux déluges publicitaires des précédents épisodes …

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