La Nintendo DS reçoit régulièrement une tripotée de jeux de qualité. Difficile de toujours arriver à suivre la cadence entre les sorties locales et les sorties imports, il y a de quoi jouer dans les chaumières. Je vous propose donc un petit passage en revue d’une adaptation (trop) légère d’un jeu d’arcade et deux gros calibres :
- Point Blank DS
- Hotel Dusk : room 215
- Megaman ZX
Point Blank DS

Point Blank c’est à la base un jeu d’arcade qui se jouait avec des pistolets. Point d’ennemis à tuer puisque le principe consistait majoritairement à dégommer des cibles en usant d’adresse et de logique. Détruire 10 cibles en 20 secondes était son apanage.
On pourrait presque qualifier la version Nintendo DS de portage puisque le jeu conserve toutes ses caractéristiques des temps passés sauf que le pistolet est physiquement remplacé par le stylet. Qui n’aurait pas deviné qu’il faille toucher les cibles sur l’écran tactile avec ?
Je le supposais avant même de lancer le jeu mais j’en ai eu la confirmation : il est évident que c’est beaucoup plus facile au stylet qu’à 1 mètre de la borne ou de sa télé avec un pistolet dans les mains. Toutefois ça n’enlève finalement pas tant de charme que ça au jeu : son principe est suffisamment accrocheur pour qu’on veuille bien admettre ce changement de maniabilité.
En revanche, là où le bas blesse c’est la durée de vie (un problème chronique de nos jours). Les modes principaux sont vite pliés et malheureusement la rejouabilité ne va pas non sans quelque lassitude à la longue. Un mode à la Kawashima vous permettra de subir un entraînement quotidien et de mesurer l’évolution de vos réflexes de jour en jour. Mais comme les niveaux sont exactement les mêmes qu’en mode arcade, autant dire que c’est juste l’enrobage qui diffère : le goût reste le même, un peu amer.
Il existe toutefois un mode multijoueurs permettant de jouer jusqu’à 2 personnes avec une cartouche. Cependant c’est une véritable hécatombe qui aura vite fait de vous rabattre sur un épisode de Derrick. Il faut dire que pour une partie de 20 secondes, il faut attendre bien 15 secondes avant la partie et à peu près le même temps pour obtenir le score. Si ça passe pendant 2 à 3 parties, ça en devient vite gonflant.
Conclusion : Point Blank DS part d’un bon principe et d’un bon jeu mais hérite aussi de ses lacunes. Le jeu qui était fun et marrant en arcade en devient lassant dès qu’on en a fait le tour sur DS. La facilité de jeu au stylet n’y est pas pour rien car à moins d’être tremblotant, rater une cible relève de la maladresse absolue. Le jeu est achevé d’une balle dans la tête par un multijoueurs calamiteux et mou au possible. L’acheter neuf serait une dépense mal calculée car il ne vaut vraiment pas plus de 10 ou 15€ en occasion.
Hotel Dusk : room 215

Le jeu d’aventure a connu un regain d’intérêt sur Nintendo DS avec la sortie en 2005 d’Another Code. Les p’tits gars de chez CING se sont remis au boulot avec comme principal impératif : pondre un jeu qui tienne en haleine plus de quatre heures.
Hotel Dusk (Wish Room au Japon) vous place dans la peau d’un VRP. En clair, du bon porte à porte dans des endroits miteux. Toutefois l’introduction nous mettait pourtant dans la peau d’un flic abattant une personne près d’un fleuve. Ce sera d’ailleurs le fil d’Ariane de toute l’histoire puisque le monde entier a décidé de se retrouver à Hotel Dusk, un hôtel où une certaine chambre aurait le pouvoir d’exaucer les voeux de celui qui y réside le temps d’une nuit.
Hotel Dusk frappe de suite par sa patte graphique : les personnages sont en 2D au style crayonné et au chara design rappelant furieusement les personnages d’Another Code. Tout le reste est revanche en 3D, pas forcément folichonne mais suffisamment réussie pour ne pas donner envie de vomir au bout de 10 minutes.
L’écran du bas de la DS affiche la carte des lieux en vue de dessus tandis que l’écran du haut représente les environs en vue subjective (de vos yeux donc). Toutes les interactions et déplacements se sont donc directement avec l’écran tactile. La DS n’aurait pas de boutons que ça reviendrait au même.
Le jeu reprend les principales ficelles de son prédécesseur avec un découpage chapitré ainsi qu’un petit quizz à la fin de chacun d’entre eux pour être sûr d’avoir tout compris à l’histoire. En plus de la classique gestion de l’inventaire propre à tout point and click qui se respecte, les développeurs ont eu l’intelligente idée de proposer un mémo : fini les oublis, vous pouvez y noter tout ce qui vous passe par la tête et dieu sait si ça vous sera utile même si le jeu vous rappelle un peu trop souvent ce que vous avez à faire.
Globalement il y en a pour une bonne quinzaine d’heures avant de voir le générique défiler devant vos yeux encore chargés d’excitation. Il faut bien le reconnaître, le scénario est vraiment bien fichu, assez pour ne pas avoir envie de ne pas lacher sa console sans avoir envie de connaître la suite.
Conclusion : cette suite spirituelle remplit ses objectifs en proposant un jeu attirant, soigné et à la réalisation bien pensée. J’aurais juste apprécié des bruitages un peu moins fatiguants (ceux des menus et les bruits de pas par exemple) et des musiques un peu plus variées (la même pendant 80% du temps). Ceci dit, quand on voit la taille du jeu (le maximum possible pour les jeux DS actuels), on peut imaginer que la limitation était technique et non artistique. Une valeur sure qui mérite le détour.
Megaman ZX

Avec un titre pareil, on aurait pu croire que Capcom soit devenu accro aux voitures de la marque Citroën. Et pourtant il n’en est rien avec ce ZX sur DS. La firme japonaise profite de la portable aux deux écrans pour lancer une nouvelle ramification de sa saga Megaman (Rockman au Japon). Le suffixe le laisse deviner, il s’agit dans la pratique d’une fusion de gameplay entre la série des Megaman X (initiée sur Super Nintendo) et Megaman Zero (initiée sur Game Boy Advance).
Au début du jeu, vous êtes un(e) simple coursier(e) orphelin. Après avoir essuyé l’attaque de Mavericks (des robots rebelles), vous tombez nez à nez avec un artefact X. Celui-ci vous procure un formidable pouvoir et des capacités accrues (tir, rapidité etc.). Bref, il s’agit d’un circuit imprimé vous donnant les capacités de feu-X, le robot bleu. Par la suite, vous découvrirez de nouveaux artefacts offrant chacun des capacités propres (déplacement dans les airs, attaques aquatiques, attaques de feu etc.). Une fois fusionnés avec vous, ils se nomment Hx, Zx, Fx … bref vous comprenez mieux le titre du jeu.
Un changement radical a été opéré dans la progression du jeu : terminé l’écran de sélection des boss. Tout un côté exploration a été rajouté vous laissant libre choix dans le déplacement entre les différentes zones du jeu, sobrement nommées : Zone A, Zone B, Zone C etc. Avec un peu de jugeotte, on comprend vite que plus la lettre est avancée dans l’alphabet et plus le niveau sera difficile. Ce système ajoute un peu de fraîcheur aux Megaman mais en pratique les déplacements sont vite pénibles malgré le système de téléporteurs. S’il avait apporté du bon aux Castlevania, je reste encore dubitatif quant à l’apport réel dans les Megaman.
L’exploration laissera tout de même l’occasion de croiser des PNJ aux discussions limitées. Certains débloquent quelques quêtes qui rapportent un peu de sous. Sous qui ne servent pas à grand chose qui plus est …
Conclusion : pour se consoler avec ce bilan mitigé, il faut savoir que le jeu est superbement réalisé avec des effets de toute beauté et une 2D particulièrement soignée. L’écran tactile sert de faire-valoir et n’est quasiment jamais utilisé mis à part quelques scanners variant en fonction des pouvoirs employés. La durée de vie est cependant à la hauteur avec plus de 15h de jeu sans se presser et sans tout fouiller. Comme tout Megaman qui se respecte, il y a bien entendu des passages secrets, des moyens détournés d’obtenir des armes plus puissantes (chaque combat contre un boss est noté).
Il s’agit d’un bon jeu, plus facile que ses prédécesseurs (ce n’est pas un mal pour en profiter) mais il n’est pas assez osé à mon goût. Son côté nerveux et sa maniabilité précise sont quelque peu entachés par l’exploration lassante des recoins les plus inaccessibles.











gazza8 a dit le Samedi 17 mars 2007 :
Intéressantes tes critiques, Tom. Par contre, je ne suis pas du tout d’accord avec ton intro : “La Nintendo DS reçoit régulièrement une tripotée de jeux de qualité”. Ok, juger de la qualité d’un jeu est tres subjectif, mais entre connaisseurs, on débouche toujours sur des avis objectifs, et franchement, les jeux de qualité sur DS arrivent régulièrement, mais par “tripotée”
Pour Point Blank DS, ça ne m’étonne pas, une fois de plus un titre DS patit d’un intérêt ridicule (en effet, viser des cibles au stylet, alors qu’à l’origine on a un zapper à au moins 1 mètre de distance, c’est absurde…), d’une réalisation faiblarde, et d’une durée de vie à ras des paquerêttes :-\
Le retour des aventures en point&click me laisse sceptique, et a priori ce n’est Hotel Dusk qui allait me faire changer d’avis. De ce que j’avais lu, le jeu me paraissait trop “light” (comme beaucoup dans ce genre) à tous les niveaux (réalisation sympa mais moyenne, trop facile et un peu répétitif donc aucune rejouabilité), mais là , si c’est “une valeur sûre qui vaut le détour”, tu me donnes envie d’essayer…
Je suis surpris de ton avis sur Megaman ZX, j’en faisais un de mes achats prioritaires, et du coup je suis refroidi. Je n’avais encore rien lu sur ce côté exploration, et je sens que ça ne va pas me plaire. Je vais donc me tourner vers le Zero 4.
En plus, samedi dernier je me suis acheté 2 jeux dont je suis déjà déçus, dont je ne veux pas me planter pour le prochain
Oncle Tom a dit le Samedi 17 mars 2007 :
En piochant à droite à gauche il doit bien y avoir facilement 2 jeux par mois qui sont limite indispensables ou étant proche de ce stade. Si on ne prend en compte que les sorties européennes c’est sûr on est loin de la tripotée. On est très loin du désert des 6 premiers mois de la DS en Europe, avant l’arrivée de Nintendogs.
Dans les prochaines critiques il va y avoir du jeu simple mais indispensable pour les amateurs
ça sera réflexion réflexion ^^
Je ne dirai pas qu’Hotel Dusk est “light”. C’est probablement pas le meilleur jeu du genre mais l’histoire liant tous les personnages entre eux est difficile à démêler et donne bien envie d’en savoir plus. L’utilisation intelligente de la DS prolonge ce plaisir malgré la rigidité de certains évènements (comme beaucoup de point & clic malheureusement). Il y a quelques bifurcations dans le scénario en fonction de nos actions ceci dit
Megaman ZX est bien : l’idée de l’exploration est pas mal mais c’est un peu trop brouillon, je trouve. C’est en partie dû à la carte en elle-même. Elle est peu détaillée et quand tu dois alterner plusieurs tenues pour atteindre une zone, surtout quand tu dois y aller plusieurs fois, c’est pénible. C’est une bonne idée mais à améliorer.
Tu t’es acheté quoi comme jeux samedi ?
gazza8 a dit le Lundi 19 mars 2007 :
Je me suis acheté NFS Most Wanted (20 euros) sur GameCube.
Il y a 3 ans j’avais terminé et adoré Underground, et je voulais retrouver le plaisir et les sensations de la course arcade, facile de prise en main, avec le côté clinquant et “esbrouffe” propre aux derniers NFS. De ce côté aucune déception. Par contre, comme pour ses franchises de sport (nba, nhl, fifa, etc.), EA ne marque pas assez la différence d’un opus à l’autre, et du coup la lassitude a déjà pointé son nez :-\ De plus, le côté tuning ne m’intéresse plus du tout, et la touche automnale de la ville ne m’excite guère (c’est triste en comparaison du flou et des lueurs dans la nuit des Underground ou du Carbon)… D’ailleurs le tracé de la ville est triste aussi de répétitivité, j’ai l’impression de toujours passer aux mêmes endroits tellement la piste et le décor sont linéaires :-\
Heureusement, les caisses déchirent bien, la conduite est vite jouissive, les flics jouent bien leur rôle : juste ce qu’il faut de gêne pour avoir un défi sans atteindre la crispation des épisodes Hot Pursuit.
A 20 euros aussi, j’ai acheté Nanostray sur DS.
Je voulais un shoot pour jouer dans le train : j’attendais Nanostray 2 car les vidéos sont alléchantes, et surtout j’avais lu un potentiel gros problème de jouabilité sur le 1er épisode, qui est de devoir changer d’arme via l’écran tactile, tout en relâchant le bouton du shoot (dommage qu’il n’y ait pas de balise pour graisser ce passage) !! Mais pourtant, l’ayant vu à 20 euros et lassé d’attendre, je l’ai pris quand même.
Et bien déception, car la jouabilité casse (à mon sens) tout le jeu, puisque j’en viens à me “contenter” d’une arme mal adaptée à certains passages, plutôt que d’en changer, car le relâchement du shoot pendant une demi-seconde me serait fatale, tu imagines le truc… Frustration :-\
Sinon à côté de ça, les graphismes et l’animation sont très agréables, les ennemis donnent envie d’être shootés, mais il manque quand même le “truc”, l’étincelle qui donnerait une valeur-ajoutée au jeu. Car au final, quand j’y joue, je m’ennuie presque !
Du coup, ce sont 2 achats que je regrette en partie. Heureusement que j’ai toujours des valeurs sûres, comme Resident Evil (NGC) sur lequel j’ai passé environ 7 heures ce weekend : un chef-d’oeuvre, un vrai argument pour définir les jeux vidéo comme un art.
Oncle Tom a dit le Lundi 19 mars 2007 :
Fallait prendre la version japonaise de Nanostray : le changement d’arme peut s’effectuer avec le bouton L. Ils ont dégagé cette option dans les versions américaines et européennes du jeu.
Perso je préfère me faire un bon petit Gate of Thunder que Nanostray ^^
PS : il me semble que tu peux utiliser quelques balises HTML dans les commentaires.
gazza8 a dit le Lundi 19 mars 2007 :
“Gate of Thunder” sur PC Engine CD-Rom ? C’est ton shoot préféré ? Le mien est Thuder Force 3, et sans avoir joué à Gate, je crois qu’il ya des ressemblances au niveau des armes avec TF3. Si c’est le cas, alors Gate doit vraiment valoir le coup en effet
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