
Je n’ai pas parlé cinéma depuis un bail ici. Je n’y suis pas allé très souvent depuis mes travaux dans mon appartement. Heureusement que la fête du cinéma passait par là et m’a donné accès à une sélection de films fort sympathiques. Je n’ai eu qu’une déception et détail amusant, c’était le seul film que je souhaitais voir avant de jeter un oeil à la programmation.
Et y’a pas à dire, le cinéma c’est quand même incomparablement mieux qu’un vulgaire DivX tout seul sur son écran d’ordinateur :
- L’avocat de la Terreur
- Election I
- Election II
- Chronique d’un Scandale
- Boulevard de la Mort

L’avocat de la Terreur
Jacques Vergès est un célèbre avocat “français” (de nationalité en tous cas). Sa sulfureuse réputation a été étoffée par des procès perdus d’avance avec pour objet la défense de terroristes (combattant de la liberté pour certains) ou de criminels : Klaus Barbie, Carlos (pas le chanteur), Omar Raddad, Khieu Samphan (Khmer rouge) etc.
Le montage suit la chronologie de sa carrière avec LE procès qui a fait de lui ce qu’il est : la défense de Djamila Bouhired, poseuse de bombe dans Alger pendant l’occupation colonialiste de la France. Cette affaire officia son mariage (et sa conversion à l’Islam) avec la “terroriste” et des liens avec la Palestine (engagée alors avec le FLN pour la libération de l’Algérie).
J’ai été agréablement surpris par ce film / documentaire. Il se base sur énormément témoignages de personnes ayant joué un rôle important dans les évènements historiques (FLN, Khmers rouges, anciens terroristes etc.), sur des archives secrètes et sur Jacques Vergès lui-même.
Un documentaire très intéressant, passionnant et sans réel défaut.

Election I
Election, ou comment découvrir un film hong-kongais sur l’élection du Délégué Général d’une des Triades de la ville : Wo Sing. Ce que je viens d’écrire est précisément ce qui m’a fait aller voir ce film. De la curiosité pure. Un film de gangsters à la chinoise avec de la classe, beaucoup de classe. Les coups de feu se font rares mais ce n’est pas pour autant que l’action manque à l’appel ou que le scénario soit inconsistant. Non, loin s’en faut.
Election retrace avec un machiavélisme étonnant la tentative d’ascension des deux favoris de la Triade, chacun voulant s’emparer des rênes de l’organisation pour 2 ans, la durée du mandat. Et de voir les plans s’élaborer pour corrompre les votes, éliminer les opposants (jeunes ou doyens) et fausser les règles pour imposer son élection. La fin en surprendra surement plus d’un d’ailleurs.
Je n’ai eu qu’un reproche à formuler à l’encontre d’Election premier du nom : la difficulté à retenir “qui est qui”, bon nombre de scènes se déroulant dans l’obscurité et à visage à moitié caché. Difficile de se souvenir dans quel camp est telle ou telle personne, surtout quand elle le trahit.
Mis à part ce “détail”, c’est un film à voir, surtout quand on sait que sa suite débute à la fin du mandat du Délégué Général élu lors d’Election 1. Une suite bien meilleure qui plus est

Election II
Election 2 commence quelques jours avant la fin du mandat du Délégué Général élu lors d’Election 1. L’actuel délégué veut transgresser les règles en souhaitant se faire réélire. D’un autre côté, son bras droit doit se présenter contre son grè pour maintenir son marché légal en Chine. Les deux frères spirituels s’affrontent dans une lutte sans merci, manipulés comme jamais.
Cette suite règle le principal défaut d’Election 1 : la reconnaissance et l’appartenance des protagonistes. Elle est réalisée dans la même veine, réutilise les acteurs clés du précédent volet ce qui permet d’être familier à la situation pour peu que l’on s’en souvienne.
Bref, une suite réussie et encore plus captivante. Que demander de plus ? Une autre suite ? Surement pas, ça se clôture très bien comme ça.

Chronique d’un Scandale
La production cinématographique britannique n’en finira jamais de me surprendre : que ça soit ses séries télé ou son cinéma, rares seront les titres qui m’auront déçus. Chronique d’un Scandale fait dores et déjà partie de mes films préférés de l’année et des incontournables à avoir dans sa filmothèque. Imaginez la situation : une vieille enseignante aigrie, lesbienne et manipulatrice tombant amoureuse d’une jeune collègue, mariée et empêtrée dans une relation extra-conjugale avec … un de ses élèves de 15 ans. Un scandale, un vrai.
Chronique d’un Scandale me fait penser à The Constant Guardener ou encore à Neverland dans sa manière de présenter les personnalités des gens, leurs souffrances et surtout, le déroulement du scénario. Il file à toute allure, on ne s’ennuie jamais et on en redemanderai allègrement lors du défilement du générique de fin.
Rien à redire, un coup de cœur que je ne saurai que trop recommander.

Boulevard de la Mort
Plus le temps passe et plus je me demande ce que le cinéma de Tarantino possède pour remuer autant les foules. Après un Kill Bill sympathique mais loin d’être exceptionnel, voilà qu’avec Boulevard de la Mort, l’ennui pèse plus que tout. Alors certes on ne pourra pas dire qu’il s’agisse d’un film hollywoodien de par son déroulement mais je suis à peu près persuadé que sans le nom “Tarantino” sur l’affiche, à peu près personne ne l’aurait trouvé bon.
Ce que je retiens de Death Proof : des clins d’oeils marrants, quelques situations qui ne se prennent pas du tout au sérieux et surtout la monumentale course-poursuite de la fin ! Elle est tout bonnement magistrale et excellente, soldée par un “The End” hillarant … et c’est tout. Le reste du film est d’un ennui mortel avec des phases de dialogues concurrençant indignement les scènes d’action de Derrick.
Boulevard de la Mort aurait dû être un court-métrage, pas un film. 2€ pas plus.











Powanono a dit le Lundi 9 juillet 2007 :
Je partage entièrement ton avis sur « boulevard de la mort ». Par contre je le pousserais plus loin en disant : qu’as fait Tarantino à part “Reservoir Dogs” et “Pulp fiction”?
Bon c’est un peu trollesque mon propos mais je ne suis pas un grand fan du monsieur. Oui ! on peut faire un film complètement violent (pour dénoncer la société blablabla) mais en faire tout une filmographie ça relève de la panne d’inspiration.
Par contre sa mise en scène et certaines de ses références sont souvent sympathiques et marrantes hors mis le pot pourri de Kill Bill dont les mélanges de style ont eu du mal a passer pour ma part :S
Yahiko a dit le Lundi 9 juillet 2007 :
Pour comprendre ce qu’on trouve à Tarantino il ne faut surtout pas se référer à Kill Bill (aussi excellent soient-ils, surtout le vol. 2) ou Death Proof mais plutôt à ses deux premiers films à savoir “Reservoir Dogs” et “Pulp Fiction” (”Jackie Brown” est excellent aussi mais c’est l’adaptation d’un livre donc un peu différent du reste).
C’est vrai que Death Proof est ultra-décevant, j’en attendais bien plus. Les dialogues de pouffiasses décérébrées biens loins des dialogues naturels et percutants de gangsters que sert Tarantino habituellement. Le film est bourré de références, mais bon, ça ne fait pas un film. Même si je ne l’ai pas trouvé mauvais, il m’a laissé un petit arrière goût amère et ce malgré la super course poursuite de la fin (ça c’est de la vraie, sans effets spéciaux !) et le The End qui m’a aussi bien fait rire
. Qu’il bosse sur Inglorious Bastards plutôt que de pondre ça @#!
Oncle Tom a dit le Mardi 10 juillet 2007 :
Kill Bill n’est pas la référence absolue de Tarantino. Par contre je ne me souviens pas avoir vu Reservoir Dogs … faudra que je m’y colle. J’avais bien aimé Pulp Fiction mais de là à en garder un souvenir impérissable …
Enfin voilou, les autres films étaient meilleurs un point c’est tout
Mafio a dit le Mardi 10 juillet 2007 :
Reservoir Dogs c’est un film incontournable, un huis clos de gangster époustouflant.
gazza8 a dit le Mercredi 11 juillet 2007 :
Tiens je ne savais que tu étais aussi amateur de cinéma. Je suis un peu dans le meme cas que toi, je suis rarement allé au ciné depuis le début de l’année… par contre j’ai englouti bon nombre de “vulgaires divx tout seul devant…. mon écran LCD 68 cm”
Tu m’as donné envie de regarder Chronique d’un scandale. Sinon, dernièrement j’ai vu en dvd le magnifique “Je vais bien ne t’en fais pas” que je conseille vivement…
Oncle Tom a dit le Mercredi 11 juillet 2007 :
J’adore le cinéma bien que n’étant pas à fond dedans : je me base sur les sensations que procurent leur visionage, leur capacité à m’absorber dans leur histoire et à transmettre leur message.
Et je note pour “je vais bien ne t’en fais pas”, à l’occasion si je le trouve à pas cher
gazza8 a dit le Jeudi 12 juillet 2007 :
Tom a écrit : “Et je note pour “je vais bien ne t’en fais pas”, à l’occasion si je le trouve à pas cher”.
Et bien en fait, ce film est tellement beau (à pleurer ?) qu’il vaut quand meme un prix dvd normal
En tout cas, bon visionnage et donne-moi ton avis quand tu l’as vu.
Agathe a dit le Mercredi 25 juillet 2007 :
Non mais Death Proof c’est un film de nana. Enfin j’me comprends… Mais, exemple : mon amie et moi, nous nous sommes guère ennuyées pendant ce film. Nos deux amis mâles quant à eux… A part les deux scènes en voiture et celle de fin, bahhh ils ont souffert