La Case de l'Oncle Tom

Développement Web, bonnes pratiques et performances

Si à 30 ans, on ne s’est pas fait piquer une photo par Paris Match, c’est qu’on a quand même raté sa vie !

Mises à jour : elles se trouvent en bas de l’article, suite à l’évolution de la situation depuis le moment de publication.

Le titre est volontairement provocateur (mais non Jacques, Internet c’est bien) mais cette après-midi, ça m’a fait tout bizarre de voir une note sur Facebook mentionnant un article de Paris Match. Il est intitulé Éric Sampietro, la cuisine du mousquetaire. Cet article a attiré ma curiosité pour 2 raisons :

  1. j’y ai déjà mangé et beaucoup apprécié le décors ainsi que les plats (cf. mon album Chez Éric Sampietro)
  2. l’image de tête de l’article utilisait une de mes photos (Éric Sampietro aux commandes)

Extrait de l'article sur Paris Match

Oncle Tom vs. Paris Match peut commencer ;-)

Le problème initial

Le problème de l’apparition de cette photo en tête d’article tient à un élément bien précis : la licence d’utilisation de la photo.
Toutes mes photos publiées sur Flickr sont sous licence Creative Commons BY-NC-ND ce qui revient à laisser la liberté de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public sous ces conditions explicites :

  • citation de parternité (avec une référence vers l’œuvre d’origine) ;
  • pas d’utilisation commerciale ;
  • pas de modification.

Les trois critères sont entièrement baffoués :

  1. le crédit photo marqué est « Photo DR » ; autrement dit, « Droits Réservés » − on ne cite pas l’auteur (qui n’est peut-être pas connu − maintenant c’est le cas ;-) ) ;
  2. l’image a été recadrée ;
  3. quid de l’utilisation commerciale ? L’article apparaît gratuitement sur le site Web de Paris Match. Ça pourrait presque être bon sur ce point si cet article n’avait pas été repris sur la version papier de Paris Match, et partagé au format PDF sur le site de la journaliste associée, Julie Andrieu.

Bref, autant d’arguments qui donneraient envie de tirer à vue sur Paris Match, ou tout du moins la ou les personnes ayant tranquillement utilisé cette photo sans se soucier de sa licence d’utilisation. Après tout c’est la crise, autant réduire le respect autant que les coûts.

Éric Sampietro aux commandes

Photo originelle

Prise de contact avec Paris Match

On est dimanche après-midi, je contacte donc Paris Match en suivant le lien judicieusement intitulé Signaler du contenu illicite. Il est 13h30 et j’y tiens ces propos :

Adresse de la page : http://www.parismatch.com/Conso-Match/Gastronomie/Actu/Eric-Sampietro-la-cuisine-du-mousquetaire-141329/
Votre message :

Bonjour,

j’ai pris connaissance aujourd’hui de la présence d’une de mes photos pour illustrer l’article dont le lien est mentionné ci-avant.
Cette photo est publiée sur le Web depuis le 16 décembre 2008 à cette adresse : http://www.flickr.com/photos/the-jedi/3111920922/ (dont une taille plus élevée que celle vous avez).

Le problème, pour vous :

  • vous indiquez « Photo Dr ». Or ça m’étonnerait que ça soit un droit réservé pour vous
  • la photo est licenciée sous Creative Commons NC-BY-ND. Autrement dit, elle doit être republiée telle quelle et dans un contexte non commercial. Si ce n’est pas le cas il faut prendre contact avec l’auteur et lui demander une permission, moyennant finances ou pas.

La balle est dans votre camp maintenant.
Merci d’avance

À 14h30, l’image est retirée de l’article sur le Web et je reçois une réponse cordiale du rédacteur en chef s’excusant et me faisant part du retrait. C’est d’autant plus appréciable que je n’attendais franchement pas de réponse un dimanche après-midi, surtout de la part d’une personne se présentant comme encore en vacances (et donc pas forcément au courant de subtilités concernant tel ou tel article).

J’apprends toutefois que le site Web de Paris Match, tout du moins cet article, ne fait que reprendre des articles de la version papier en retravaillant la mise en forme. Autrement dit, à leur niveau, la vérification des conditions d’utilisation d’une image sont censés être déjà aboutis. Je comprends donc qu’ils ne refassent pas le travail de vérification.

On pourrait imaginer que je n’ai plus à faire valoir mes droits sur la photo vu qu’elle est retirée de l’article. Il y a pourtant encore plusieurs problèmes :

Extrait de l'article présenté en version papier

Un cheminement compliqué

Si on peut facilement retirer une image problématique sur le Web (mais on laisse des traces, n’oublions pas), quid de la version papier qui elle, est belle et bien imprimée, diffusée et vendue. Bref, je dois faire valoir mes droits.

Mais des droits sur quoi ? La visite et la prise de photos n’ont pu être réalisées qu’avec l’accord du chef (on ne rentre pas dans la cuisine comme ça, pour aller demander du pain) … mais il n’y a aucune trace écrite (depuis, je me trimballe avec des feuilles d’autorisation).
Là encore, publier la photo d’une personne sans son consentement peut poser problèmes mais dans son cas, je considérais qu’un chef étoilé était suffisamment « public » pour qu’on en diffuse des photos. Pour le coup, la republication non-commerciale est un frein aux abus, dans la mesure où la licence est respectée bien sûr.

Une raison supplémentaire pour prendre du recul est l’origine de la photo. Finalement, d’où vient-elle ? On peut supposer qu’elle vient de ma galerie Flickr. Après tout, elle ressort en première position quand on cherche sampietro eric dans Google Images − ou très bien placée avec la requête Éric Sampietro.
Et pourtant, elle a également été reprise dans la galerie de l’organisatrice de la journée chez le chef Sampietro (cf. c notre plat ou le sens du détail). Leur faible qualité pourrait expliquer cet effet de grossissement ressenti sur l’article en ligne de Paris Match.

Dans tous les cas, la propriété intellectuelle était clairement indiquée, à défaut d’une licence explicite dans le dernier exemple.

Conclusion

J’espère avoir une réponse claire et définitive dans la semaine. La journaliste à l’origine de l’article n’était peut-être pas au courant, ou pas. J’ose espérer qu’il s’agit d’une erreur maladroite et non pas un abus déguisé. Vu de notre petit nuage d’internaute ça peut paraître aberrant mais vu du point de vue d’une rédaction, j’imagine à quel point ce détail est noyé dans les autres contraintes du bouclage.
Ça n’excuse rien cependant.

Quoiqu’il en soit, le cheminement d’une image est long et parsemé d’intermédiaires. Autant de risques qu’une licence spécifique saute (et en arrange, c’est selon). Fournir des images à un ami ou une connaissance ne lui laisse pas pour autant les droits de les réutiliser comme bon lui semble. Mais encore faut-il que ces personnes aient conscience de cet aspect légal.

Référants d'accès à la photo incriminée

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est le pic de consultation de la photo (plus de 270 vues en l’espace de 6 heures). La provenance des visiteurs est aussi assez caractéristiques. Facebook (420+ amis) représente davantage de trafic que Twitter (600+ contacts). Il y a eu beau avoir davantage de retweets, le suivi de l’activité sur Facebook offre davantage de concentration sur l’information … et davantage de temps de vie.
J’ai également gagné 2 contacts Flickr ainsi qu’une poignée sur Twitter.

Qui a dit que la polémique ne faisait pas vendre ? ;-)

J’en profite pour partager quelques liens sur la photographie et les contraintes juridiques :

Quant à moi, j’ai un sacré retard en terme de billets mais ça me fera une bonne transition pour parler la prochaine fois de Réussir son blog professionnel, 2 mois après son lancement ;-)

Mise à jour

Lundi 9 novembre 2009 ~ 17h30

La rédactrice de l’article, qui fait donc partie de la société ayant fourni l’article à Paris Match, me contacte pour m’expliquer comment ça s’est  passé. La photo lui a été communiquée par Éric Sampietro. Photo qui est donc ensuite remontée côté Paris Match. De son point de vue, ce n’est ni de sa faute ni celle de Paris Match puisqu’ils n’ont fait « que » récupérer une photo qu’on leur a communiqué.

Je lui fais remarquer à plusieurs reprises qu’un chef cuisinier n’est clairement pas un juriste et je lui demande si d’habitude ils ne se posent pas plus de questions que ça, surtout quand la personne qui fournit la photo est SUR la photo (autrement dit, l’auteur est tout autre). Mais visiblement, «je vais loin» dans le raisonnement.

Sa proposition est de retirer le PDF du site (demander l’autorisation n’a pas semblé être une option envisageable …) mais elle n’a pas de pouvoir côté Paris Match, version papier.
Je suggère donc de garder les choses en l’état et d’attendre le retour de l’iconographe de Paris Match pour savoir qui a commis l’erreur (et donc demander autorisation, et le reste).

Votre lecture de l'article Si à 30 ans, on ne s’est pas fait piquer une photo par Paris Match, c’est qu’on a quand même raté sa vie ! est terminée. Il y a encore plein de choses à lire ici ... vous voulez des idées ?

Commentaires & rétroliens

  1. Hélène dit :

    J’ai l’impression que les gens se disent licence creative commons = on peut se servir et en faire ce qu’on veut, sans se soucier des conditions réelles d’utilisation. C’est vite fait une recherche dans les CC de Flickr….

    C’est fou que même à ce niveau, les gens ne soient pas au courant des règles. Le gouvernement ferait bien aussi d’éduquer les gens à respecter les images et pas uniquement les mp3/videos du lobby qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers temps !

  2. Oui c’est un peu ça, j’ai vraiment l’impression que Creative Commons = on fait ce qu’on veut.

    Tiens nous au courant quand (si) tu obtiendras une réponse.

    Au passage, merci pour les 3 derniers liens, vraiment très instructifs.

  3. Nicolas G dit :

    Merci pour ton retour sur cette histoire Thomas. Ce type de situation n’est malheureusement pas rare dans le monde de l’édition à la fois papier ou web.

    A l’heure ou la gratuité sur le web semble être une évidence pour le commun des mortels il est bon de rappeler que les contenu représentent un travail.

    Cela me fait penser n’est pas seulement les artistes bourrés de pognon qu’il faut défendre avec des lois plus que discutables mais TOUS les créateurs de contenu.

  4. Desirade dit :

    J’attendais le mot de la fin.
    Cela va s’arranger et quelqu’un va surement se faire taper sur les doigts côté PM. Une aventure similaire est arrivée à Tristan Savatier (@loupiote sur Twitter) il y a quelques jours. Pas avec PM mais le même « emprunt » distrait.
    Bonne semaine à toi c’était sympa de voir tes photos.

  5. Raphael dit :

    Sans vouloir mettre de l’huile sur le feu… c’est moi qui n’ai pas compris les droits d’auteurs, ou bien la licence Creative Commons n’a strictement aucune valeur dans le Code de la Propriété Intellectuelle français ?

    Les droits patrimoniaux, les seuls qui peuvent être cédés, nécessitent une mention explicite de plusieurs points : géographique (où va être reproduite l’oeuvre), de durée (70 ans maxi), d’usage (web, affiche,…) et encore un qui m’échappe.
    Quoi qu’il arrive, ces différents points doivent être mentionnés dans la clause de cession de droits et à chaque usage de l’oeuvre, ce qui n’est bien entendu pas le cas pour les oeuvres que l’on estampille « CC ».

    Si ça ne tenait qu’à moi, je dirais qu’une licence CC est simplement caduque en France : dans tous les cas, seule une session des droits patrimoniaux en bonne est due forme fait foi. Sinon il est bien entendu illégal de reproduire une oeuvre sous peine de contrefaçon, même en citant l’auteur (=droits moraux).

    • Lesly Garreau dit :

      Salut Raphael, je réagis sur ton post car je me suis déjà retrouvé face à ce questionnement sur la licence CC. Heureusement la licence Creative Commons à valeur ailleurs que sur le sol américain.

      En fait dans chaque pays des groupes CC locaux ont pour mission la traduction et l’adaptation aux lois locales. Pour la France c’est Melanie Dulong qui l’a en charge. Plus d’infos ici : http://fr.creativecommons.org/institution.htm

      Quelle est la validité des offres Creative Commons vis-à-vis du droit général des obligations ?

      L’absence de signature n’est pas le signe d’une absence de consentement ou d’information sur l’objet et la nature de l’engagement contractuel. Il est en effet obligatoire d’accompagner toute reproduction ou communication de l’œuvre d’une copie ou d’un lien vers le texte Creative Commons qui la gouverne.

      Extrait de la FAQ de CC France que l’on peut lire ici : http://fr.creativecommons.org/FAQjuridiques.htm

      Voila, je pense donc que la lumière est fait sur la licence Creative Commons en France.

    • Hugo dit :

      Une licence Creative Commons n’est pas une cession de droits, c’est une licence d’utilisation.

      Merci de ne pas dire de grosses conneries comme « CC est simplement caduque en France. »

      • Raphael dit :

        … c’est bien pour cela que j’ai précisé
        1- que je n’étais pas spécialiste
        2- que c’est mon avis perso (« Si ça ne tenais qu’à moi »).

        En tout cas, mes maigres lectures sur le sujet m’ont semblé claires : en France, on ne peut pas « utiliser une oeuvre » sans céder ses droits patrimoniaux.

        PS : avec tact, ça passe souvent très bien aussi.

        • Hugo dit :

          Désolé, j’ai mon franc parler, je ne voulais pas paraître brutal… mais tout de même, ton affirmation est brutale, d’où ma réaction :) Excuse-moi, c’était déplacé.

          Quoi qu’il en soit, les licences creative commons sont parfaitement utilisables en France, il n’y aucun problème, leur validité juridique n’attend qu’un contentieux pour être affirmée (s’il n’en n’a pas déjà eu…)

          Pour plus d’infos: http://fr.creativecommons.org/FAQjuridiques.htm

          Je cite :
          « Le formalisme des contrats de cession de droits de propriété littéraire et artistique (CPI L. 131-3) peut s’appliquer aux licences ou autorisations d’utilisation (3). Celles-ci doivent décrire de manière précise le domaine d’exploitation, soit l’étendue, la destination, le lieu et la durée des droits concédés.
          L’article 3 des licences Creative Commons énumère l’étendue des droits proposés :
          « la reproduction de l’œuvre seule ou incorporée dans une œuvre dite collective, comme une publication périodique, une anthologie ou une encyclopédie », au sens de l’article L. 121.8 du CPI, voire modifiée en vue de former certaines « œuvres dites dérivées : traductions, les arrangements musicaux, les adaptations théâtrales, littéraires ou cinématographiques, les enregistrements sonores, les reproductions par un art ou un procédé quelconque, les résumés, la distribution d’exemplaires ou d’enregistrements » desdites œuvres, au sens du CPI, article L. 122-4, seconde phrase. »

          Cela s’applique à la photographie sans problème.

  6. Pierre dit :

    Bonjour Oncle Tom,

    Je confirme ce que dit Raphaël ci dessus. La licence CC n’a pas vraiment de valeur légal en France et il n’y a pas de jurisprudence clairement affirmée concernant cette licence. La licence CC n’est donc pas ici le problème.

    De facto ton image est soumise au Code de la Propriété Intellectuelle, le libre de droit n’existe pas en France et tu ne peux pas renoncer légalement aux droits patrimoniaux de ton image. Tu peux juste les céder comme dit Raphael, mais dans ce cas il y doit y avoir une rémunération ou une contrepartie proportionnel à l’utilisation des images.
    Qui plus est, il y a le droit moral, qui lui est inaliénable, il s’agit de l’obligation de mentionner le nom de l’auteur par exemple.

    Pour plus de précisions je te laisse consulter le site de l’UPC :
    http://www.upc.fr/faq.php?question=19
    http://www.upc.fr/faq.php?question=15

    Dans ton cas présent il y a clairement contrefaçon de la part de Paris Match, c’est à dire une utilisation frauduleuse de ton image pour plusieurs raisons : il n’ont pas mentionner ton nom et il n’ont pas demander ton autorisation avant publication.

    Dans ton problème, ne te pose pas la question du droit à l’image. Dans ce cas tu es dans ton droit, pas besoin d’autorisations ou quoi que ce soit (marre de cette tendance à tout faire signer), tu as l’accord implicite du chef pour faire des photos, ces photos sont publiés à titre d’information, le « droit à l’image » ne s’applique pas puisque le droit à l’information prime dessus. Juste le problème de ces utilisations non autorisés par des titres de presse est le fait qu’ils peuvent donner une mauvaise légende ou modifier complètement le sens de la photo par un recadrage par exemple. Mais dans ce cas c’est leur responsabilité qui est en jeu.

    Revenons donc sur la contrefaçon. Tu vient de réaliser le truc classique quand on voit qu’une photo a été piqué : on prévient par mail, on est pas content, ils retirent la photo en s’excusant, en disant que c’est la faute du stagiaire etc. La majorité des gens s’arrêtent là mais j’aurais envie de dire qu’il faut aller plus loin.

    Libération.fr, Marianne2.fr, MediaPart et maintenant Paris Match (et y en a surement plein d’autres) ont les mêmes pratiques. Marianne2.fr est un coutumier du fait comme tu pourra le voir dans cette longue discussion sur le groupe photoreporter fr de flickr : http://www.flickr.com/groups/photoreporters/discuss/72157600600404768/ Je fais partie d’une association, Freelens, qui regroupe et défend les photojournalistes. Nous avons déjà alerté Marianne2.fr sur ces pratiques, ils se sont calmés mais nul doute qu’on devra engager des actions sous peu ; c’est ce qu’on a fait récemment avec MediaPart.

    MediaPart a fait la même chose que Paris Match, pris des images sur Flickr, soit disant en CC, (alors qu’elles étaient toutes en Tous Droits Réservés). On a identifié 5 photographes victimes et on en a engagé une action avec eux, constats d’huissiers à l’appuie. MediaPart a donc payé les 5 photographes. L’affaire remonte à cet été.

    Tout ça pour dire que c’est une pratique bien trop courante de la part de titre de presse qui savent très bien ce qu’ils font. Faut arrêter de les excuser. Ils connaissent la loi, ils ont déjà eu des rappels à l’ordre, et à chaque fois répondent par la même : c’est un stagiaire, on savait pas, pardon, limite c’est bon pour toi.

    Faut pas hésiter à se faire respecter et faut que les photographes, professionnels ou non, fassent valoir leurs droits et engagent des procédures. Car tu as les mêmes droits qu’un professionnels sur tes images.

    Dans ton cas présent, l’image à été publié sur la version papier de Paris Match. Très bien, ça t’évitera de faire un constat d’huissier (nécessaire pour faire des démarches si contrefaçon sur le web, la copie d’écran ne vaut rien). Récupère cette version du Paris Match papier. Regarde l’utilisation qui est faite de la photographie et envoie une Note d’Auteur bien sentie à Paris Match en leur disant que si il refuse de payer ça serait procès et pour ça ils seront sur de perdre et ça leur coutera beaucoup plus cher. Ils ont donc intérêt à payer.
    Dans les usages, on propose, quand il y a contrefaçon de demander le double des montants des barèmes UPC que tu peux trouver ici :
    http://www.upc.fr/DOCS/bareme_upc2009.pdf

    Voilà, je te conseil vraiment de pas te laisser faire et de demander rémunération, ça te grillera pas, c’est le service compta qui aura à faire à toi, pas la rédaction. Il faut faire cesser ses pratiques et ils n’ont strictement aucune excuse. Qui plus est, si tout les photographes agissent ainsi, ça remettra un peu les pendules à l’heure. N’hésites pas à me contacter si tu as plus de questions ou mieux à venir poser tes questions sur le forum de notre association : http://www.photojournalisme.fr/Forum/index.php

    Bon lundi :) .

    Pierre

  7. Olivier G. dit :

    « La journaliste à l’origine de l’article n’était peut-être pas au courant, ou pas. » : non mais c’est une blague ??? Tu crois vraiment que Paris-Match n’est pas sensé avoir une bataillon d’avocats qui analysent chaque photo de personnalité connue, les articles qui les accompagnent et les titres des photos ?

    Mon point de vue est que tu devrait faire valoir tes droits de la manière la plus ferme possible, je suis prêt à te filer du fric pour payer ton avocat, mais un journal comme Paris-Match, qui c’est quand même construit sur les photos, est censé avoir les ressources pour faire faire des photos originales ou au moins retrouver l’auteur d’une photo qui les intéresse.

    Là, tu t’es juste fait piller une photo. Il me semble que le respect des droit moraux ne devrait pas se faire uniquement dans le sens internaute -> majors du disque, mais devrait être le même pour tout le monde.

  8. Joelle dit :

    ben je te souhaite plus de chance que moi avec Cosmopolitan.
    Ils ne daignent même pas répondre aux courrier recommandés.

    C’est une pratique très fréquente, ils jouent sur le fait :
    - qu’on sera super content d’être dans une publication connue
    - qu’on a pas d’argent pour se défendre
    - qu’on ne connait pas nos droits.
    Et malheureusement, souvent ça fonctionne très bien

  9. Vu dans le code source à l’instant :

    C’est déjà ça. Mais ça fait bancal… :)

  10. Hum, les balises de code sont expurgées de ton système de commentaires, dirait-on…

    Bref :
    <img alt= »Eric Sampietro, la cuisine du mousquetaire » src= »"/>

  11. Olivier G. dit :

    @Joëlle : tu as une adresse où tu parles de ce problème avec Cosmo ?

  12. Joseph dit :

    Je ne peux qu’ aller dans le sens du commentaire de Pierre, tu es parfaitement dans ton droit. Envoyer une note d’ auteur ou un relevé de pige si tu as la carte de presse ne te grillera pas.
    Tu traiteras directement avec la comptabilité. Il ne faut pas laisser ce type d’ erreur se reproduire.

  13. Bonjour

    C’est malheureusement une pratique de plus en plus courante. Et cela ne concerne malheureusement pas que les grands magazines :-(

    J’ai une affaire en cours avec un petit mag qui il y a un an a construit l’un de ses numéros à partir de plusieurs articles issus d’un de mes sites : 8 pages de textes dont ils n’ont pas même changé une virgule, et 26 photos utilisées sans autorisation dont un quart de couv’.

    Pas de cadeau, ils devront payer.

    Quoi qu’il en soit, Paris-Match ou pas, ils doivent se faire allumer un bon coup pour comprendre qu’on ne fait pas ce que l’on veut avec les images, et que le web n’est pas un self service !

    PS pour Hugo : Les licences Creative Common sont dans les faits border line (c’est un euphémisme) vis-à-vis du Code de la Propriété Intellectuelle. Je suis gérant d’agence web en plus d’être auteur photographe, et JAMAIS je n’utiliserai d’images en CC, car le retour de flamme peut venir à n’importe quel moment… Idem pour les images de microstock d’ailleurs dont les contrats de « cession » s’appuient sur des concepts très similaires (et sans AUCUNE garantie quant à l’origine des photos).

  14. Au niveau de la procédure :
    - envoyer une facture en recommandé avec AR (si elle n’est pas refusée dans les 7 jours, c’est gagné)
    - si non réponse dans le délai imparti sur ta facture, relance toujours en reco avec AR
    - si non réponse, injonction de paiement (procédure gratuite)

    Simple, efficace.

  15. Gregoire BESSAGNET dit :

    Simplement sur la forme de faire les choses, ce n’est parce qu’une personne est « connue » que l’on peut disposer du droit automatique de publier sa photo. Pour certains grands cuisiniers comme Thierry Marx par exemple, il faut passer par un photographe professionnel qui gère son image.

    La moindre des choses aurait aussi été de demander l’autorisation de la personne de voir figurer une photo d’elle sur Internet dans le cadre de ta photo.

    Apres, je te soutiens et je trouve très intéressante ta démarche de recherche de « droits » pour cette photo par rapport à ces nullards de paparazzi !

  16. Oncle Tom dit :

    Que de réactions. Comme quoi, le sujet méritait de s’y attarder.
    Merci en tous cas de vos réactions, conseils et autres réflexions intéressantes :)

    C’est vrai que j’ai un peu la naïveté de croire que ce n’était pas voulu. Maintenant, plus ça va et plus j’ai tendance à penser que le travail de vérification n’a pas été fait et que même si cette photo aurait été fournie à la journaliste, il y a faute (car attribution de la propriété non-respectée).
    Donc clairement, rien que pour ça, c’est un peu trop facile.

    Mon intention d’utiliser CC c’était comme licence d’utilisation, pas de cession. Mais là encore, je vois que la vision de cette licence est ambigüe … alors imaginons pour le commun des mortels qui ne se pose pas trop de questions.
    La facilité technique de copie d’image balaie quelque peu les difficultés légales de leur diffusion ;)

    @Grégoire oui je suis d’accord avec tes remarques. Comme j’ai expliqué on avait l’autorisation de faire des photos et d’en publier mais c’était resté à l’oral, en partie parce qu’on ne pensait pas en faire des illustrations dans la presse. Aujourd’hui je ne ferais plus cette erreur et j’aurais fait signer explicitement un papier.

    Pour information, j’attends désormais un contact de la part de l’iconographe de Paris Match. Plus d’informations dès que j’en ai :)

    PS : tant que j’y suis, je préfère rappeler qu’on n’est pas là pour se démolir, se traiter de noms d’oiseau ou même cracher gratuitement sur la presse (ou autre), malgré tous les défauts qu’on peut lui reprocher.

  17. RT: @lespacedunmatin: Même paris-match pille les photographes maintenant : http://tinyurl.com/ygbn4o5 (via @izo).

  18. fran6t dit :

    Euh une question toute simple et si c’était simplement Eric Sampietro qui aurait donné son accord ? A-t-il était contacté ou mis au courant de tout cela ?
    Attention je ne cherche pas à excuser Paris Match loin de là mais ne peut-il y avoir simplement une ommission de la part de Eric Sampietro par manque simplement de connaissance ? Mettons nous à sa place je suis passionné par mon travail et ma cuisine je ne suis pas forcément au courant de ces histoires de droits, pendant l’interview ou le mini-reportage le reporter me demande si il peut utiliser les photos du web pour son reportage et je répond oui pensant finalement c’est moi qui suit sur la photo.
    Quand à Julie il y a fort à parier que c’est juste un prête nom ou juste l’instigatrice initale du reportage et que le reste soit de la sous traitance non ?

    En tous les cas très belle photo et merci pour toutes ces infos et ce débat autour des licenses.

    • Oncle Tom dit :

      Éric Sampietro est au courant de cette histoire (je l’ai eu au téléphone ce matin). Et je suis tout à fait d’accord : il n’est pas au courant du fonctionnement de ces licences. Donc quand bien même il aurait fourni la photo en question pour l’article, la journaliste ou personne en charge de la mise en forme n’a même pas respecté le crédit photo du chef.

      Ce qui me laisse à penser que côté presse, ils savaient pertinemment que la photo n’était pas de Sampietro et n’ont pas cherché le moins du monde à savoir qui en était à l’origine.

    • Olivier G. dit :

      « ne peut-il y avoir simplement une omission de la part de Éric Sampietro par manque simplement de connaissance » : est-ce que ça ne serait pas une obligation du journal, en tant que professionnel, d’informer la personne interviewée de ce problème ?

  19. Oncle Tom dit :

    J’ai modifié l’article en ajoutant une mise à jour en fin d’article, cf. Lundi 9 novembre 2009 ~ 17h30.

    Pour faire bref : la photo a été acceptée telle quelle par la journaliste ayant rédigé l’article (pas Julie Andrieu donc, mais travaillant pour elle).

  20. Tout a été à peu près dit sur les faits et ce que tu dois faire pour que d’autres ne subissent pas les mêmes dérives, donc je ne vais pas m’appesantir.

    Mais je vais réagir sur un point technique de ton article, qui n’a rien à voir avec le droit d’auteur, le vol de photo, etc.

    Tu montres tes referers Flickr en disant que Facebook t’amène plus de trafic que Twitter parce que « le suivi de l’activité sur Facebook offre davantage de concentration sur l’information … et davantage de temps de vie ».

    Je ne suis pas sûr que ta conclusion soit bonne. Le fait est que la plupart d’entre nous utilisent Twitter via un client et non via le site Web, ce qui n’est par contre pas autant le cas pour Facebook. Les referers twitter.com ne représentent donc sans doute qu’une infime partie des gens arrivés via des tweets.

    Tu dois même pouvoir ajouter 90% des « Unknown source » à Twitter… ;-)

    • Oncle Tom dit :

      Ah oui très juste ! Sans compter les liens (bit.ly toujours) en provenance d’identi.ca.
      Donc ma conclusion est totalement fausse à ce sujet :-p

      Merci pour la remarque.

  21. Nicolas Dory dit :

    Une réponse de chez Paris Match en à peine 1h, je suis ébahi de la perfomance…

    Je te souhaite de ne jamais abandonner dans ce type de procédures qui peuvent s’avérer très longues suivant les interlocuteurs…

    :)

  22. peweck dit :

    Un exemple de plus de vole d’images et de mauvaise foi, celui de Témoignages Chrétiens :
    http://weck.info/photojournalisme/temoignage-chretien-la-fin-des-voleurs/

    Sinon, je reviens sur le fait de « se griller » si on réclame d’être payé. Là, je comprends pas, la victime demande réparation et elle serait « grillée » ? Donc faut se laisser piller pour « exister » et passer pour un gros pigeon ?

  23. greg dit :

    Ceux qui me choque…Les bases de l’hygiéne
    c’est dégueulasse les cheveux longue en cuisine

  24. Olivier G. dit :

    Au fait, quels sont les derniers développements (hihi) de cette histoire ?

    • Oncle Tom dit :

      Facile ça :P

      Silence radio de leur part. Je leur envoie un petit recommandé en A/R la semaine prochaine.

      En lisant les différents documents sur la tarification etc, je comptais demander 1000€. Trop, pas assez ?

      • Pierre Morel dit :

        Ça me semble bien.

        Une photo de cette taille, sans scoop, il l’aurait acheté, je pense entre 200 et 400 euros en temps normal.

        La pratique veut qu’on double lorsqu’il y a contrefaçon et que le journal fait la sourde oreille. Paris Match a des moyens conséquents, 1000 euros je te suis.

        Tiens nous au courant. :) .

        Pierre

      • Olivier G. dit :

        J’y connais rien en tarification, mais c’est bien que tu te batte ! Tu es un peu porte-parole sur ce coup-là.

        Je me demande si tu ne devrais pas faire faire un constat d’huissier rapidement pour le site…

        Peut-être de l’aide sur http://droit-et-photographie.over-blog.com/ ?

  25. [...] 17 novembre 2009. 3 commentaires 785 lectures La semaine dernière, j’ai appris qu’une de mes photos avait été publiée dans Paris Match … sans me demander la permission. En attendant de recevoir un dédommagement de la part du [...]

  26. As-tu eu des retours sur le recommandé (et la facture) envoyé ?

Répondre

Balises HTML autorisées : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>



Thème graphique par LeslyG, intégré par Oncle Tom.
Propulsé par WordPress, Blueprint et WP-LESS.