
Le débat numérique est un évènement bordelais que j’affectionne et auquel j’aime me rendre tous les trimestres. Il confronte un journaliste, un expert et le public sur une thématique choisie pendant 1h30 … un débat en somme.
Ce mois-ci la thématique était liée à Google, la disposition du savoir et l’influence que ça a sur notre acquisition du savoir. Ce débat illustrait l’article d’Hervé Morin intitulé « La mémoire court-circuitée« .
Un débat intéressant une fois de plus mais trop trempé dans le pessimisme si caractéristique de la France.
Apprendre ou reposer sur les connaissances entreposées sur le Web
« Pourquoi apprendre quand Google le sait ? La mémoire court-circuitée par le Net« , un titre un brin provocateur mais qui reflète un certain état d’esprit. Nous cherchons et apprenons différemment depuis que l’Internet haut-débit et le développement de Google ont gagné la majorité des foyers des pays dits civilisés.
Cela sous-entendrait que nous apprendrions moins par simple facilité, parce que l’information est au bout du clic.
Il ressort que grâce à l’immensité du savoir à disposition, nous priorisons différemment les connaissances à apprendre : nous apprenons désormais ce dont nous avons besoin et pas nécessairement avec comme objectif de le mémoriser pendant 20 ans.
Au final, le résumé de fin de séance le montrait bien, je trouve qu’on restait sur un sentiment de peur en occultant trop les avantages que l’on pouvait en tirer. En vrac, des idées qui m’ont marqué :
- uniformisation des sources d’information : on tape Espagne et que l’on se contente des premiers résultats pour rédiger un exposé
- il n’y a pas de neutralité dans les résultats : Google est là pour gagner de l’argent et donc favoriser ceux qui lui en rapportent
- les profs n’aiment pas Wikipédia
- les élèves remettent en cause les connaissances des professeurs en allant chercher sur le Web
- les patients vont voir le médecin en s’étant renseigné sur les symptômes et les traitements possibles
- les personnes défavorisées restent défavorisées avec ou sans Google
- on fait comment sans Google ?
Alors certes c’est un débat, certains de ces points sont légitimes, d’autres moins. Au fond, faut-il confier notre vie numérique à Google ?
Un vrai-faux débat : parlons éducation !

J’ai souris en entendant cette histoire de personnes défavorisées. Aujourd’hui, le minimum requis pour accéder à la culture c’est un ordinateur, une connexion Internet et savoir lire. Ce n’est certes pas une école d’ingénieurs ou un institut de recherche mais c’est le Web est devenu la porte d’entrée vers le savoir. Tout le monde l’utilise à la hauteur de son besoin.
Vous savez quoi ? Tout ceci coûte beaucoup moins cher que la collection intégrale de l’Encycloædia Universalis (~3600€). Elle aura tous les mérites du monde, le Web restera toujours plus ouvert et malléable.
Le Web est un outil nouveau (enfin, plus tant que ça) et comme tout changement, soit on s’adapte, soit on est condamné à rester sur le carreau. Si des personnes choisissent de ne s’intéresser au Web que maintenant, elles ont un train de retard. C’est d’autant plus dommageable si ces personnes sont en salle des profs. Les élèves se renseignent sur les cours reçus pour compléter ou vérifier les connaissances des professeurs. C’est plus dur pour un prof mais c’est beaucoup plus enrichissant : il y a là un nouveau levier d’apprentissage et de construction du savoir.
De nombreux enseignants et chercheurs utilisent le Web, tels qu’André Gunthert ou Olivier Ertzscheid. Si vous n’y participez pas, il faut au moins l’utiliser.
Pourquoi l’utiliser ? Pour le maîtriser et le dispenser à vos élèves. L’enseignant a pour vocation de structurer la pensée et aider à la construction de leur raisonnement. Comment chercher dans un moteur de recherche, savoir reconnaître un bon site d’un mauvais, identifier les publicités, l’intérêt des wiki, l’utilisation des blogs comme journaux personnels, la confidentialités des données sont autant de thèmes qui devraient être au moins évoqués en cours si ce n’est enseignés.
On avait droit à des cours d’éducation civique, pourquoi pas des cours d’éducation numérique ? Après tout, nous sommes tous citoyens de l’Internet.
Et si on en revient à notre hypothèse de départ, à savoir que la concentration du savoir sur le Web est dangereuse, on se rend compte qu’au final, c’est la mauvaise utilisation, la non-utilisation et le manque de recul vis à vis de l’information qui sont dangereux … pas l’étalage des connaissances.
N’oublions pas la réalité : rien n’est éternel
Ce qui m’amène à citer une fois de plus un article de ReadWriteWeb intitulé « Technology is Great, but Are We Forgetting to Live?« . En bon français « La technologie c’est bien mais n’oublions-nous pas de vivre ? ».
Le rapport avec tout ça ? On pense peut-être un poil trop au partage et moins à l’assimilation. Nos souvenirs, c’est ce qui nous restera une fois les ordinateurs éteints et débranchés. C’est ce qu’on racontera à nos enfants. C’est tout.
Il faut vivre avec le progrès, l’utiliser au mieux en ayant en tête que ce n’est pas un dû ni éternel. Une panne de courant, une tempête et nous revenons à l’âge de pierre.




















Commentaires & rétroliens
Pourquoi apprendre quand Google le sait ? http://tinyurl.com/ad6bpj
Flute, j’ai raté ça, ça avait l’air sacrément intéressant.
Des points de vue parfois discutables mais toujours pertinents, le plus intéressant était j’imagine les débats …
J’avais trouvé très intéressant l’avis de l’académicien Michel Serre sur sur Wikipedia, qui expliquait que certes, Wikipedia contenait qq erreurs (4 en moyenne par article), mais c’est à peine plus que les supports papiers (ex: Encyclopédie Britannica: 3 en moyenne). Ses autres remarques étaient également pertinentes.
Je vais me focaliser sur une phrase précise de ton article :
« les patients vont voir le médecin en s’étant renseigné sur les symptômes et les traitements possibles » –> Malheureusement vrai.
Combien de fois, j’ai vu des personnes qui demandaient un diagnostique de leur môme agonisant avec comme titre « rassurez moi svp » sur le Q&R de Yahoo !
Donc d’une part ça montre que des gens sont suffisamment « stupides » pour attendre des avis d’internautes (non médecin ou spécialiste, j’y viendrait après) au lieu d’amener le môme (ou soit, quand c’est la personne qui est concerné) chez le médecin. Alors je veux bien il y a des médecins généralistes incompétents, j’en suis tombée sur un, j’ai changé et depuis plus de problème dans les diagnostiques, les traitements etc… mais de la à confier sa vie (ou celle de quelqu’un) à des internautes.
Problème n°2, la compétence ou l’incompétence des internautes. Stupidité absolue de demander des diagnostiques ou avis médicales sur des sites comme ceux de yahoo. Car, il faut admettre, la plus part des gens qui y vont et répondent ne sont ni médecin, ni spécialiste… Il arrive toute fois que des questions posées soit réellement pertinentes, intéressantes… dans ce cas il m’est arrivé d’y répondre, dans mon exemple c’était une question sur les crises d’épilepsies. Connaissant le sujet je réponds. Quelque minute/heure après une personne répond à coup de « N’importe quoi, c’est pas ça…. » et répond un truc complètement et scientifiquement faux !!! Loin de moi l’idée de prétendre que je suis meilleur ou je ne sais quoi, mais quand je connais pas un sujet je me tait et dans ce cas là, je le connaissait très bien.
Donc comment voulais vous qu’un internaute lambda qui pose une question, sache différencier une vrai réponse d’une erreur voir d’une abération monumentale ?
Bon au vu de la longueur du comment je devrait en faire un article sur mon blog
[...] J’ai récemment écrit un long commentaire sur une phrase écrite sur le blog de l’Oncle Tom dont la question est Pourquoi apprendre quand Google le sait ? [...]
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